Les grands mouvements artistiques : la chronologie commentée

Par Gaspard Rivoire · Publié le

Salle de musée aux murs vert sombre éclairée par une verrière, avec une banquette de velours rouge au centre et des tableaux anciens dans des cadres dorés

Une frise des mouvements artistiques rassure : chaque nom a sa case, chaque case sa date. Elle trompe aussi, car les mouvements se chevauchent, se répondent et se contredisent. Le plus utile n’est pas de retenir des dates, mais de comprendre ce que chaque génération refuse de la précédente : c’est ce refus qui se voit sur la toile. Voici la chronologie, du XVe siècle à nos jours, avec pour chaque étape un repère et une question à poser devant un tableau.

XVe–XVIIe siècle : de la Renaissance au baroque

La Renaissance naît en Italie au XVe siècle. Les peintres redécouvrent l’Antiquité et construisent l’espace par la perspective, que Leon Battista Alberti théorise dans son traité De pictura en 1435. Au tournant du XVIe siècle, Léonard de Vinci, Michel-Ange et Raphaël portent cet idéal d’harmonie à son sommet ; au nord, les primitifs flamands comme Van Eyck imposent la peinture à l’huile et le détail minutieux. Question à poser : où est le point de fuite ?

Le maniérisme, dans les décennies suivantes, étire les corps et complique les compositions : l’harmonie devient virtuosité.

Le baroque s’impose vers 1600. Le Caravage plonge ses figures dans un clair-obscur violent, Rubens les fait tourbillonner, Rembrandt et Velázquez scrutent la lumière et les visages. En France, Poussin défend au contraire un classicisme de la mesure, et l’Académie royale de peinture et de sculpture, fondée en 1648, fixe pour deux siècles la hiérarchie des genres. Question : le tableau montre-t-il un moment d’action ou un ordre stable ?

XVIIIe siècle – 1850 : du rococo au romantisme

Le rococo allège tout : fêtes galantes de Watteau, scènes légères de Boucher et Fragonard. Le néoclassicisme répond par la rigueur morale : Le Serment des Horaces de David, présenté au Salon de 1785, aligne ses figures comme sur un bas-relief antique.

Le romantisme rompt cet équilibre au nom de l’émotion. Le Radeau de la Méduse de Géricault, montré au Salon de 1819, fait d’un fait divers une tragédie ; La Liberté guidant le peuple de Delacroix, peinte en 1830, fait de la couleur et du mouvement un manifeste. Question : la ligne domine-t-elle, ou la couleur ?

1850–1914 : du réalisme aux avant-gardes

Le réalisme de Courbet peint des paysans et des enterrements de village à l’échelle de la peinture d’histoire ; en 1855, refusé en partie par l’Exposition universelle, il ouvre son propre « Pavillon du réalisme ». La littérature suit le même chemin, et le procès de Madame Bovary en 1857 montre à quel point décrire sans embellir choquait encore.

L’impressionnisme expose pour la première fois en 1874 et se disperse après 1886 : sa touche visible et sa lumière changeante sont détaillées dans notre article sur les caractéristiques de l’impressionnisme. Viennent ensuite Seurat, Cézanne, Van Gogh et Gauguin, chacun reprenant la leçon à sa manière.

Le XXe siècle s’ouvre sur une accélération. Au Salon d’automne de 1905, le critique Louis Vauxcelles baptise « fauves » Matisse, Derain et leurs amis, pour leurs couleurs pures posées sans souci de vraisemblance ; la Tate détaille ce moment du fauvisme. Vers 1907-1908, Picasso et Braque inventent le cubisme, qui décompose les objets en plans et montre plusieurs points de vue à la fois, comme le rappelle la notice de la Tate sur le cubisme. Le manifeste du futurisme paraît dans Le Figaro le 20 février 1909. Vers 1910-1915, Kandinsky, Malevitch et Mondrian franchissent le pas de l’abstraction : le tableau ne représente plus rien de reconnaissable.

Après 1914 : du dada au pop art

En pleine guerre, dada naît à Zurich en 1916 et tourne l’art en dérision. André Breton publie le Manifeste du surréalisme en 1924 : le rêve et l’inconscient deviennent des sujets. Après 1945, le centre de gravité passe à New York avec l’expressionnisme abstrait de Pollock et Rothko, puis le pop art des années 1950 et 1960 s’empare des images publicitaires. Ce qu’on appelle ensuite art contemporain ne forme plus un mouvement, mais une multitude de pratiques.

Comment se servir de cette frise au musée

Les musées parisiens découpent eux-mêmes cette histoire : le Louvre pour les siècles anciens, Orsay pour la seconde moitié du XIXe siècle, les collections nationales d’art moderne pour le XXe. Une visite ne couvre donc qu’une ou deux cases de la frise, et c’est très bien ainsi ; nos conseils pour visiter un musée sans s’épuiser partent de ce principe.

L’erreur à éviter est de chercher à classer chaque tableau avant de l’avoir regardé. Commencez par l’œuvre, demandez-vous ce qu’elle refuse, et la case de la frise viendra d’elle-même.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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