Différence entre impressionnisme et post-impressionnisme

Par Gaspard Rivoire · Publié le

Chevalet portant une petite toile de paysage au bord d'un chemin de terre en Provence, face à une montagne calcaire et à des pins sous un ciel d'orage

Dans les salles d’un musée, rien ne sépare vraiment un Monet d’un Van Gogh : même couleur claire, même touche visible, même refus du fini lisse des Salons. On range pourtant le premier parmi les impressionnistes et le second parmi les post-impressionnistes. La différence ne tient pas à un style commun qui aurait remplacé un autre, mais à une question que quatre peintres se posent après 1886 : que faire de la sensation, une fois qu’on a appris à la peindre ? Voici ce qui change, peintre par peintre, et comment le voir sur la toile.

1886 : la dernière exposition et un tableau-manifeste

Les impressionnistes exposent ensemble huit fois, de 1874 à 1886. Ce qu’ils cherchaient, la lumière d’un instant saisie en plein air par une touche fragmentée, nous l’avons détaillé dans notre article sur les caractéristiques de l’impressionnisme. À la huitième et dernière exposition, en 1886, Georges Seurat présente Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte : une scène de loisir en bord de Seine, sujet tout impressionniste, mais peinte en petits points de couleur pure et composée avec une rigueur de frise antique. Le critique Félix Fénéon parle cette année-là de « néo-impressionnisme ».

Le mot « post-impressionnisme », lui, n’existe pas encore. Il vient du critique anglais Roger Fry, qui l’emploie en 1910 pour l’exposition Manet and the Post-Impressionists à Londres. Comme le rappelle la Tate dans sa notice sur le post-impressionnisme, le terme désigne les développements de la peinture à partir de 1886, autour de quatre figures : Cézanne, Gauguin, Seurat et Van Gogh. C’est une étiquette posée après coup, pas un groupe.

Quatre sorties de l’impressionnisme

Seurat : la méthode. L’impressionnisme posait ses touches à l’instinct ; Seurat les pose selon les théories de la couleur de son temps, en points juxtaposés que l’œil mélange à distance. Les figures de la Grande Jatte sont immobiles, presque des silhouettes : l’instant a disparu au profit d’une construction.

Cézanne : la structure. Exposant de 1874, Cézanne s’éloigne du groupe pour chercher ce qui dure sous la lumière qui passe. Il conseille, dans une lettre à Émile Bernard du 15 avril 1904, de « traiter la nature par le cylindre, la sphère, le cône ». Ses montagnes Sainte-Victoire et ses natures mortes ont des volumes massifs, parfois des points de vue multiples dans un même tableau : les cubistes s’en souviendront.

Van Gogh : l’émotion. Arrivé à Paris en 1886, il découvre la couleur claire des impressionnistes, puis part pour Arles en 1888. Sa touche ne décrit plus la lumière : elle tourbillonne, s’épaissit, dit ce que le peintre éprouve. La couleur devient expressive, et non plus seulement observée.

Gauguin : le symbole. À Pont-Aven à partir de 1886, puis à Tahiti en 1891, Gauguin renonce à peindre d’après nature. Il pose des aplats de couleur cernés de contours sombres, choisit un champ rouge ou une ombre bleue pour ce qu’ils signifient. Le tableau ne reproduit plus une vision : il en compose une.

Devant la toile : trois questions pour faire la différence

Le sujet est-il un instant ou une construction ? Un impressionniste peint un moment qui passe, souvent une heure et une météo précises. Un post-impressionniste organise, fige, simplifie.

La touche décrit-elle la lumière, ou autre chose ? Chez Monet, elle traduit une vibration lumineuse. Chez Seurat, elle obéit à un système ; chez Cézanne, elle bâtit des plans ; chez Van Gogh, elle porte une émotion.

La couleur est-elle observée ou choisie ? Les ombres violettes de l’impressionnisme sont vues dans la nature. Les champs jaunes de Van Gogh ou les sols roses de Gauguin sont décidés par le peintre.

Pour faire l’exercice en vrai, le musée d’Orsay réunit les deux générations, et il est gratuit le premier dimanche sur réservation, comme nous l’expliquons dans notre point sur les musées gratuits le premier dimanche du mois. Pour situer la suite, fauvisme et cubisme en tête, reportez-vous à notre chronologie des grands mouvements artistiques. Et si la vie d’atelier de ces années vous intéresse, L’Œuvre de Zola, paru en 1886 et présenté dans notre guide pour savoir dans quel ordre lire les Rougon-Macquart, en donne une version romanesque.

L’erreur à ne pas commettre : voir dans le post-impressionnisme un impressionnisme plus tardif ou plus coloré. C’est au contraire une sortie par quatre portes différentes, qui mènent toutes au XXe siècle.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
Politique éditoriale et usage de l'intelligence artificielle